Voyage en Guyane en photos
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pver1
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Ce serait très intéressant qu'un livre/documentaire relate la vie de André Cognat et peut-être d'autres témoins, en intégrant les défis et problèmes du passé, du présent et les pistes de solutions pour l'avenir en Guyane; Les observations de Antoine et d'autres sur les changements aussi climatiques et ses conséquences serait aussi à intégrer. On parle tellement peu de ces sujets, ou tellement superficiellement, partiellement et partialement lors des dernières visites présidentielles par exemple.
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Séva Antoine
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André Cognat a écrit deux livres très intéressants.
Vous n’avez pas les permissions nécessaires pour voir les fichiers joints à ce message.
- phb
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Séva Antoine
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C'est vrai que pour les entomologistes, la Guyane est une région de cocagne, pour tous les amoureux de la faune et la flore aussi, d'ailleurs.
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Seb
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Antoine, je ne sais pas si ça te rassurera, j'etais a une cérémonie ce matin pour le retour d'une compagnie de Guyane fin septembre. Certains ont été décorés pour leurs actions. Au total, sur les 4 mois, ils ont localisés, détruit 7 placers, récupérer du matériel et des explosifs et arrêté du personnel qui ont étés livres a la justice française. Certainement une goutte d'eau mais c'est avec des gouttes que l'on fait des océans...
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gbarnga
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Hello,Seb a écrit : ↑22 oct. 2021 19:18 Antoine, je ne sais pas si ça te rassurera, j'etais a une cérémonie ce matin pour le retour d'une compagnie de Guyane fin septembre. Certains ont été décorés pour leurs actions. Au total, sur les 4 mois, ils ont localisés, détruit 7 placers, récupérer du matériel et des explosifs et arrêté du personnel qui ont étés livres a la justice française. Certainement une goutte d'eau mais c'est avec des gouttes que l'on fait des océans...
De mon petit avis ancien, le problème vient aussi du manque de collaboration du Surinam et du Brésil. Quand on voit que la Guyane a une frontière de près de 1200 km et la majeure partie de forêt tropicale humide impénétrable, que peut-on vraiment faire si seule la France agit?
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goug1805
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Pour les pays frontaliers oui on peut regretter leur laxismegbarnga a écrit : ↑22 oct. 2021 19:26Hello,Seb a écrit : ↑22 oct. 2021 19:18 Antoine, je ne sais pas si ça te rassurera, j'etais a une cérémonie ce matin pour le retour d'une compagnie de Guyane fin septembre. Certains ont été décorés pour leurs actions. Au total, sur les 4 mois, ils ont localisés, détruit 7 placers, récupérer du matériel et des explosifs et arrêté du personnel qui ont étés livres a la justice française. Certainement une goutte d'eau mais c'est avec des gouttes que l'on fait des océans...
De mon petit avis ancien, le problème vient aussi du manque de collaboration du Surinam et du Brésil. Quand on voit que la Guyane a une frontière de près de 1200 km et la majeure partie de forêt tropicale humide impénétrable, que peut-on vraiment faire si seule la France agit?
Par contre le projet dont je parlais il me semble que c’est européen avec l'ESA, Airbus, l'armée, la gendarmerie et l'ONF (le but est de faire de la détection par satellite ou vue aérienne de "clandestins"), je ne me rappelle plus le nom de ce projet. L'ONF apporte sa petite pierre dans cet ensemble par notre capacité à détecter par hélico des signes dans la canopée pouvant indiquer un camp ou autre et pour al connaissance du terrain.
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Séva Antoine
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Carnets de voyage. Le haut Maroni en Guyane
Antoine Séva
Nous voilà enfin au-dessus de la Guyane après 9h00 de vol. A l’aéroport de Cayenne, André et Eder ont déjà récupéré Gilles et Franck qui arrivent de Marseille, avec Thierry, nous avons pris un autre vol.
A peine sorti de l’avion, une chaleur étouffante me saisit dans le tunnel vitré qui mène dans le hall. Dans ce tunnel, il doit faire plus de 40°C, heureusement que dehors, il ne fait que 33°C.
Le contraste de température est important, il faisait 20°C dans l’avion et au départ ce matin de Paris Orly sous la grisaille, la température ne dépassait pas 8°C.
A peine le temps de récupérer mes bagages, que je suis déjà trempé.
Nous récupérons la voiture de location et suivons André, nous traversons les faubourgs de Cayenne, les images et les odeurs de la Guyane, enfin ! Nous passons Cayenne en direction de Remire-Montjoly et arrivons à destination.
Le temps de prendre mes quartiers et de déballer mes affaires, que la nuit tombe. Cela arrive rapidement sous les tropiques, il est 18h15 et un superbe coucher de soleil semble saluer notre arrivée.
Le repas terminé, nous passons un moment à finaliser notre départ vers le haut Maroni.
Malgré mon enthousiasme, la fatigue commence à se faire sentir, il est temps d’aller me coucher, cela fait plus de 24 heures que je n’ai pas fermé l’œil.
Le lendemain sera consacré à préparer le matériel de pêche pour notre périple sur le haut Maroni !
Je vais me coucher vers 22h00, il est 3h00 du matin en métropole et je suis fourbu de fatigue.
Comme j’en ai l’habitude, je me lève tôt le matin, il est 6h00 et le jour se lève.
Nous allons faire un petit tour sur la grande plage située à 100m.
Il n’y a personne ou presque et j’en profite pour faire quelques photos. On aperçoit un Busard qui lorgne vers de petites tortues marines qui viennent d’éclore et traversent la plage vers l’océan.
De retour, je prépare le café, nos hôtes sont de gros dormeurs et ne donnent pas signe de vie avant 9h00.
La journée est placée sous le signe des derniers achats avant de partir vers Maripasoula.
Il nous faut encore acheter, hamacs, cordes et moustiquaires.
Notre matériel de pêche est composé d’un filet de plage de 10mètres, trois ou quatre éperviers, des grandes épuisettes rectangulaires, des épuisettes d’aquarium de grande et petite taille, l’épuisette « spéciale »à André, qui à elle seule doit peser 5 à 6 kg ainsi que masques, tubas, lampes frontales, lampes torches étanches, plusieurs centaines de sacs de transport de poissons, de toutes tailles.
Il est déjà très tard lorsque nous chargeons les bagages dans la voiture pour notre rendez-vous, le lendemain matin à l’aéroport prévu vers 7h00.
L’équipe qui doit aller à Twenké est au complet, avec André, Eder, Thierry, Gilles, Franck et moi-même.
Le lendemain tout le monde est à l’heure à l’aéroport, pour nous le départ prévu à 8h00. Les 10kg de bagages par personne vont être largement dépassés et pourtant personne ne nous demande de payer une surtaxe. André semble être très connu en Guyane !
Après 55mn de vol nous voilà à l’aérodrome de Maripasoula. Il fait une chaleur accablante.
Le taxico nous emmène au débarcadère, là où notre ami J-Marie nous attend dans sa pirogue.
Antoine Séva
Nous voilà enfin au-dessus de la Guyane après 9h00 de vol. A l’aéroport de Cayenne, André et Eder ont déjà récupéré Gilles et Franck qui arrivent de Marseille, avec Thierry, nous avons pris un autre vol.
A peine sorti de l’avion, une chaleur étouffante me saisit dans le tunnel vitré qui mène dans le hall. Dans ce tunnel, il doit faire plus de 40°C, heureusement que dehors, il ne fait que 33°C.
Le contraste de température est important, il faisait 20°C dans l’avion et au départ ce matin de Paris Orly sous la grisaille, la température ne dépassait pas 8°C.
A peine le temps de récupérer mes bagages, que je suis déjà trempé.
Nous récupérons la voiture de location et suivons André, nous traversons les faubourgs de Cayenne, les images et les odeurs de la Guyane, enfin ! Nous passons Cayenne en direction de Remire-Montjoly et arrivons à destination.
Le temps de prendre mes quartiers et de déballer mes affaires, que la nuit tombe. Cela arrive rapidement sous les tropiques, il est 18h15 et un superbe coucher de soleil semble saluer notre arrivée.
Le repas terminé, nous passons un moment à finaliser notre départ vers le haut Maroni.
Malgré mon enthousiasme, la fatigue commence à se faire sentir, il est temps d’aller me coucher, cela fait plus de 24 heures que je n’ai pas fermé l’œil.
Le lendemain sera consacré à préparer le matériel de pêche pour notre périple sur le haut Maroni !
Je vais me coucher vers 22h00, il est 3h00 du matin en métropole et je suis fourbu de fatigue.
Comme j’en ai l’habitude, je me lève tôt le matin, il est 6h00 et le jour se lève.
Nous allons faire un petit tour sur la grande plage située à 100m.
Il n’y a personne ou presque et j’en profite pour faire quelques photos. On aperçoit un Busard qui lorgne vers de petites tortues marines qui viennent d’éclore et traversent la plage vers l’océan.
De retour, je prépare le café, nos hôtes sont de gros dormeurs et ne donnent pas signe de vie avant 9h00.
La journée est placée sous le signe des derniers achats avant de partir vers Maripasoula.
Il nous faut encore acheter, hamacs, cordes et moustiquaires.
Notre matériel de pêche est composé d’un filet de plage de 10mètres, trois ou quatre éperviers, des grandes épuisettes rectangulaires, des épuisettes d’aquarium de grande et petite taille, l’épuisette « spéciale »à André, qui à elle seule doit peser 5 à 6 kg ainsi que masques, tubas, lampes frontales, lampes torches étanches, plusieurs centaines de sacs de transport de poissons, de toutes tailles.
Il est déjà très tard lorsque nous chargeons les bagages dans la voiture pour notre rendez-vous, le lendemain matin à l’aéroport prévu vers 7h00.
L’équipe qui doit aller à Twenké est au complet, avec André, Eder, Thierry, Gilles, Franck et moi-même.
Le lendemain tout le monde est à l’heure à l’aéroport, pour nous le départ prévu à 8h00. Les 10kg de bagages par personne vont être largement dépassés et pourtant personne ne nous demande de payer une surtaxe. André semble être très connu en Guyane !
Après 55mn de vol nous voilà à l’aérodrome de Maripasoula. Il fait une chaleur accablante.
Le taxico nous emmène au débarcadère, là où notre ami J-Marie nous attend dans sa pirogue.
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Séva Antoine
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De l’autre côté du Maroni, au Suriname en face du débarcadère, là où il y a encore quelques années, il n’y avait qu’une ou deux baraques en planches branlantes, se trouve maintenant plusieurs dizaines de grandes constructions en bois.
Des « hôtels de passe», des bars, des dancings, des restaurants, des commerçants chinois, toute une faune exotique a envahi cette zone de non droit !
Maripasoula semble souffrir de cette concurrence car au débarcadère, là où auparavant on trouvait des marchands ambulants, qui proposaient des petits en cas et des boissons fraîches, il n’y a plus personne. Idem chez Dédée, là où avant, on trouvait une faune exotique d’aventuriers de tous poils, on ne voit personne ou presque.
Au Suriname, les prix (jamais affichés) sont inférieurs pratiquement de moitié, à ceux pratiqués du côté français.
Nous faisons comme tout le monde, nous traversons le fleuve en pirogue pour aller faire nos courses en face.
Le « magasin » me fait penser aux drugstores des années Far-west aux states! On y trouve de tout, des victuailles en conserve, des alcools de toutes provenances, des bidons plastiques de toutes tailles, formes, couleurs, du matériel de bricolage, des pièces moteurs pour les pompes qui servent à l’orpaillage et de pièces pour les moteurs de bateau, etc.. Un bric à brac incroyable !
Là, nous achetons 200 litres d’essence pour le moteur de la pirogue, 10kg de riz, des conserves, de la viande en boîte, des légumes secs, des bananes, des biscuits, du couac (farine de manioc) etc.. Sans bien sûr, oublier les boissons !
Pendant que les employés du magasin chargent la pirogue, nous allons juste à côté, chez Nelly, un restaurant brésilien où nous sommes chaleureusement accueillis par le patron. La nourriture se paie au poids, on appelle cela, les restaurants au kilo.
Après nous être restaurés, le patron nous raconte les dernières nouvelles du fleuve, les rixes entre orpailleurs qui ont fait de nombreux morts ces derniers mois. Il nous raconte cela d’un air détaché, comme si cela était normal, le dernier en date, le jour précédent notre arrivée.
Mais il nous « rassure » de suite en nous expliquant que le dernier mort que l’on a retrouvé dans le fleuve avec plusieurs balles dans le corps était un méchant homme, qui terrorisait ses semblables, nous voilà bien rassurés, c’est sûr !
Il est temps de repartir pour remonter le fleuve et aller à Twenké, le village amérindien qui va nous accueillir pour la semaine.
En amont de Maripasoula, les barges d’orpaillages sont de plus en plus nombreuses au fil des années et la couleur de l’eau du Maroni s’en ressent.
La remontée du fleuve est toujours un grand moment d’émotion. Il faut passer des sauts (rapides), notre moteur nous fera une petite frayeur en s’arrêtant juste entre deux sauts. Cela arrive relativement souvent, presque à chaque voyage, la qualité de l’essence achetée chez les Chinois au Suriname est en cause, c’est sûr.
Nous repartons sans problème, devant nous le ciel devient d’un noir d’encre menaçant, nous allons droit sur la dépression ! Un mur d’eau nous tombe dessus, impossible d’y voir quoique ce soit pour nous, nous nous abritons sous les bâches qui menacent de s’envoler à cause d’un vent tempétueux, notre pilote continue sans que cela semble le déranger outre mesure! Nous sommes trempés des pieds à la tête.
Nous profitons d’un méandre du fleuve, pour nous mettre un peu à l’abri et attendre une accalmie, qui ne viendra pas.
Après un peu plus de deux heures et demie de navigation nous arrivons à Twenké.
Nous attendons que le déluge se calme pour ensuite récupérer nos bagages.
Des « hôtels de passe», des bars, des dancings, des restaurants, des commerçants chinois, toute une faune exotique a envahi cette zone de non droit !
Maripasoula semble souffrir de cette concurrence car au débarcadère, là où auparavant on trouvait des marchands ambulants, qui proposaient des petits en cas et des boissons fraîches, il n’y a plus personne. Idem chez Dédée, là où avant, on trouvait une faune exotique d’aventuriers de tous poils, on ne voit personne ou presque.
Au Suriname, les prix (jamais affichés) sont inférieurs pratiquement de moitié, à ceux pratiqués du côté français.
Nous faisons comme tout le monde, nous traversons le fleuve en pirogue pour aller faire nos courses en face.
Le « magasin » me fait penser aux drugstores des années Far-west aux states! On y trouve de tout, des victuailles en conserve, des alcools de toutes provenances, des bidons plastiques de toutes tailles, formes, couleurs, du matériel de bricolage, des pièces moteurs pour les pompes qui servent à l’orpaillage et de pièces pour les moteurs de bateau, etc.. Un bric à brac incroyable !
Là, nous achetons 200 litres d’essence pour le moteur de la pirogue, 10kg de riz, des conserves, de la viande en boîte, des légumes secs, des bananes, des biscuits, du couac (farine de manioc) etc.. Sans bien sûr, oublier les boissons !
Pendant que les employés du magasin chargent la pirogue, nous allons juste à côté, chez Nelly, un restaurant brésilien où nous sommes chaleureusement accueillis par le patron. La nourriture se paie au poids, on appelle cela, les restaurants au kilo.
Après nous être restaurés, le patron nous raconte les dernières nouvelles du fleuve, les rixes entre orpailleurs qui ont fait de nombreux morts ces derniers mois. Il nous raconte cela d’un air détaché, comme si cela était normal, le dernier en date, le jour précédent notre arrivée.
Mais il nous « rassure » de suite en nous expliquant que le dernier mort que l’on a retrouvé dans le fleuve avec plusieurs balles dans le corps était un méchant homme, qui terrorisait ses semblables, nous voilà bien rassurés, c’est sûr !
Il est temps de repartir pour remonter le fleuve et aller à Twenké, le village amérindien qui va nous accueillir pour la semaine.
En amont de Maripasoula, les barges d’orpaillages sont de plus en plus nombreuses au fil des années et la couleur de l’eau du Maroni s’en ressent.
La remontée du fleuve est toujours un grand moment d’émotion. Il faut passer des sauts (rapides), notre moteur nous fera une petite frayeur en s’arrêtant juste entre deux sauts. Cela arrive relativement souvent, presque à chaque voyage, la qualité de l’essence achetée chez les Chinois au Suriname est en cause, c’est sûr.
Nous repartons sans problème, devant nous le ciel devient d’un noir d’encre menaçant, nous allons droit sur la dépression ! Un mur d’eau nous tombe dessus, impossible d’y voir quoique ce soit pour nous, nous nous abritons sous les bâches qui menacent de s’envoler à cause d’un vent tempétueux, notre pilote continue sans que cela semble le déranger outre mesure! Nous sommes trempés des pieds à la tête.
Nous profitons d’un méandre du fleuve, pour nous mettre un peu à l’abri et attendre une accalmie, qui ne viendra pas.
Après un peu plus de deux heures et demie de navigation nous arrivons à Twenké.
Nous attendons que le déluge se calme pour ensuite récupérer nos bagages.
