Le soleil arrive enfin à percer les nuages et nous allons nous installer dans le carbet de passage appartenant au Capitaine.
Dans la hiérarchie des Wayana, il y a le grand Man qui est le chef du village, ensuite vient le Capitaine qui sert d’intermédiaire entre le chef et ses « administrés », il s’occupe aussi des contacts avec les autorités.
Les hamacs installés et les affaires rangées, André bien sûr comme à son habitude, tombe de son hamac mal fixé, il trouve toujours quelque chose pour nous divertir. C’est le spécialiste des gags, s’il y a un trou quelque part, c’est certain qu’il va mettre le pied dedans !
Je profite de ce moment de détente pour distribuer les cadeaux pour toute la famille et aussi le matériel de pêche et de plongée récolté auprès des amis aquariophiles de l’AFC et des forums.
J-Marie se chargera de distribuer tout cela.
Le lendemain matin, Jean-Marie va encore nous étonner par sa capacité à attraper des poissons et en particulier les poissons roche, les Lorirariidae.
Pseudancistrus barbatus, Hemiancistrus medians, Pseudacanthicus serratus, ce dernier, J-Marie n’en capture que très rarement au grand filet maillant
Un peu plus tard, au grand filet de plage nous attrapons quelques Krobia itanyi, des Geophagus sp. aff. surinamensis, ainsi que de nombreux Characides.
La température de l’eau est de 30°C, la température ambiante est bien plus agréable qu’à Cayenne, cela est du aux orages violents des derniers jours, il fait 28°C.
Le PH est de 6,4° la dureté est pratiquement nulle, la conductivité 15 µS.
Nous, nous retrouvons au carbet, la nuit tombe et nous attendons le repas préparé par Jean-Marie et Sélin, sa compagne, avec une faim de loup.
Ce soir nous dégustons du poulet grillé, du riz, des pommes de terre et des haricots chinois. Un vrai régal !!
J’ai goûté au piment boucané préparé par Sélin, c’était une très mauvaise idée ! Jamais, je n’ai mangé quelque chose, d’aussi pimenté. Un volcan dans la bouche et la gorge, ma langue semble avoir doublé de volume et j’ai attrapé un hoquet instantané, j’ai eu toutes les peines du monde à m’en débarrasser !
Après le repas nous avons pêché de nuit sur la plage avec le grand filet, nous attrapons des Cichlides.
Geophagus sp. aff. Surinamensis, Guianacara owroewefi,Krobia itanyi, divers Characidae dont, Acestrorhynchus falcatus, Characidium fasciadorsale, Caenotropus maculosus ainsi qu’une espèce de poisson couteau, Eigenmania virescens
Nous allons ensuite nous coucher, la nuit est peuplée de bruit divers, chiens qui aboient, pluie diluvienne qui résonne sur les tôles du toit et couinement des chauves-souris au dessus de nos têtes.
A propos de Chauve-souris, lors du choix de la place dans le carbet, je me suis méfié, j’ai choisi un emplacement à l’abri des déjections de ces gentilles bestioles. Il suffit de repérer les crottes par terre et aller accrocher le hamac un peu plus loin, cela vous évite de vous faire arroser d’urine et recevoir des crottes de chauves-souris sur la tête, pendant la nuit.
Au matin, nous allons prendre le petit déjeuner concocté par J-Marie, il s’est d’abord occupé de ses enfants avant qu’ils ne partent pour l’école située dans le village en face de Twenké, le village de Taluhwen.
La pluie continue à tomber dru et nous attendons une accalmie, pour partir en amont du village, vers le saut Pelë Koumarou.
Le décor est fantastique, j’ai beau être venu plusieurs fois dans la région, à chaque fois c’est un grand moment d’émotion, je suis ébahi par la beauté et la grandeur de la nature.
Nous capturons, Geophagus harreri de toute beauté, les mâles ont une bosse énorme.
Crenicichla albopunctata, Crenicichla multispinosa, Geophagus sp. aff. Surinamensis,
Voyage en Guyane en photos
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Séva Antoine
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Modifié en dernier par Séva Antoine le 23 oct. 2021 09:58, modifié 1 fois.
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Séva Antoine
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Guianacara owroewefi, Krobia itanyi, Leporinus granti, Leporinus fasciatus, Cyphocharax helleri. Hoplias aimara, Characidium fasciadorsale, Semaprochilodus varii, Prochilodus sp.
Pseudancistrus barbatus, Lithoxus stocki, Pekoltia sp.
La pluie a cessé et le soleil nous darde de ses rayons, pantalon long et chemise à manches
Longues sont obligatoires ainsi qu’un chapeau couvrant les oreilles.
La pêche continue, dans nos filets, nous capturons aussi, Hypostomus cf.watwata, Metaloricaria paucidens paucidens, Loricaria cataphracta, Hemiloricaria steni, et d’autres encore.
Les poissons trop gros pour être emmenés sont nettoyés sur place et serons consommés le soir même.
Rodolphe, le fils de J-Marie qui a 9 ans vient d’attraper un gros Piraye, Serrasalmus rhombeus, il rejoint les autres prises pour le repas du soir.
Vers 16h00 nous faisons les changements d’eau des poissons capturés et ensuite nous retournons au carbet.
Un peu avant la nuit, je vais faire ma toilette au fleuve, comme les années précédentes, les enfants de J-Marie et d’autres petits voisins attendent déjà. Tout le village est maintenant au courant de notre arrivée. A peine dans l’eau, ils me sautent dessus et cela est indescriptible, les rires fusent de toutes part, pour ces enfants tout est prétexte à rire et à gentiment se moquer de mon système pileux, les adultes assis un peu plus loin sur les rochers sont eux aussi amusés par nos jeux ! Ces moments de détente, sont inoubliables !
Tous les soirs c’est le même rituel, les jeux durent une bonne demi-heure ensuite il faut penser à se laver et tout le monde retourne au carbet, heureux de ces instants de bonheur simple.
Le repas du soir est composé de nouilles à la sauce tomate, Cichla, Piraye, Geophagus, et Krobia grillés avec du couac et en dessert des petites bananes du jardin familial.
Un vrai régal !
Après le repas nous allons nous coucher sans rechigner, les journées sont bien remplies.
Malgré la fatigue, je ne dors pas bien, les chiens et surtout le chien du capitaine, qui a son carbet juste à côté, aboie toute la nuit. Sa femme n’arrête pas de crier après le chien pour le faire taire. Je ne sais pas lequel des deux me dérange le plus.
Je rêve de le faire rôtir lui aussi, mes compagnons aussi, surtout André qui complote pour se débarrasser du chien !
Quand ce n’est pas le chien, c’est les crapauds buffles et ensuite les coqs qui s’y mettent aussi, un vrai complot pour nous empêcher de dormir. En plus j’ai oublié d’emmener mes bouchons d’oreille.
Le lendemain nous partons en aval de Twenké, vers le fameux saut Awara-Soula, le nom du saut est certainement en rapport à l’Awara, un palmier à épines très acérées qui recouvre une partie de l’île située derrière la barre rocheuse. Ces épines peuvent atteindre plus de 15cm et sont très pointues et dures.
Il y a quelques années je suis tombé sur un Awara immergé et invisible dans l’eau boueuse, d’une mare en foret. En tirant le grand filet, je me suis envasé et je suis tombé sur le côté, ma cuisse était truffée d’épines, qu’il a fallu retirer une à une. J’ai ensuite soigneusement désinfecté les plaies avec de l’alcool. J’ai eu de la chance de ne pas avoir eu de problèmes ensuite car ce marigot de vase grouillait certainement de bactéries.
Au cours des années, dans le saut Awara Soula, bien des pirogues, ont terminé leur course, au fond du fleuve.
Le saut est constitué d’une grande barre rocheuse, qui traverse le fleuve sur pratiquement toute sa largeur. Cet obstacle naturel forme une retenue d’eau, seul un passage de quelques mètres permet à l’eau de débouler à une vitesse folle, dans des tourbillons impressionnants. Lorsque l’on approche du saut, le bruit du moteur est pratiquement couvert par celui de l’eau
Pseudancistrus barbatus, Lithoxus stocki, Pekoltia sp.
La pluie a cessé et le soleil nous darde de ses rayons, pantalon long et chemise à manches
Longues sont obligatoires ainsi qu’un chapeau couvrant les oreilles.
La pêche continue, dans nos filets, nous capturons aussi, Hypostomus cf.watwata, Metaloricaria paucidens paucidens, Loricaria cataphracta, Hemiloricaria steni, et d’autres encore.
Les poissons trop gros pour être emmenés sont nettoyés sur place et serons consommés le soir même.
Rodolphe, le fils de J-Marie qui a 9 ans vient d’attraper un gros Piraye, Serrasalmus rhombeus, il rejoint les autres prises pour le repas du soir.
Vers 16h00 nous faisons les changements d’eau des poissons capturés et ensuite nous retournons au carbet.
Un peu avant la nuit, je vais faire ma toilette au fleuve, comme les années précédentes, les enfants de J-Marie et d’autres petits voisins attendent déjà. Tout le village est maintenant au courant de notre arrivée. A peine dans l’eau, ils me sautent dessus et cela est indescriptible, les rires fusent de toutes part, pour ces enfants tout est prétexte à rire et à gentiment se moquer de mon système pileux, les adultes assis un peu plus loin sur les rochers sont eux aussi amusés par nos jeux ! Ces moments de détente, sont inoubliables !
Tous les soirs c’est le même rituel, les jeux durent une bonne demi-heure ensuite il faut penser à se laver et tout le monde retourne au carbet, heureux de ces instants de bonheur simple.
Le repas du soir est composé de nouilles à la sauce tomate, Cichla, Piraye, Geophagus, et Krobia grillés avec du couac et en dessert des petites bananes du jardin familial.
Un vrai régal !
Après le repas nous allons nous coucher sans rechigner, les journées sont bien remplies.
Malgré la fatigue, je ne dors pas bien, les chiens et surtout le chien du capitaine, qui a son carbet juste à côté, aboie toute la nuit. Sa femme n’arrête pas de crier après le chien pour le faire taire. Je ne sais pas lequel des deux me dérange le plus.
Je rêve de le faire rôtir lui aussi, mes compagnons aussi, surtout André qui complote pour se débarrasser du chien !
Quand ce n’est pas le chien, c’est les crapauds buffles et ensuite les coqs qui s’y mettent aussi, un vrai complot pour nous empêcher de dormir. En plus j’ai oublié d’emmener mes bouchons d’oreille.
Le lendemain nous partons en aval de Twenké, vers le fameux saut Awara-Soula, le nom du saut est certainement en rapport à l’Awara, un palmier à épines très acérées qui recouvre une partie de l’île située derrière la barre rocheuse. Ces épines peuvent atteindre plus de 15cm et sont très pointues et dures.
Il y a quelques années je suis tombé sur un Awara immergé et invisible dans l’eau boueuse, d’une mare en foret. En tirant le grand filet, je me suis envasé et je suis tombé sur le côté, ma cuisse était truffée d’épines, qu’il a fallu retirer une à une. J’ai ensuite soigneusement désinfecté les plaies avec de l’alcool. J’ai eu de la chance de ne pas avoir eu de problèmes ensuite car ce marigot de vase grouillait certainement de bactéries.
Au cours des années, dans le saut Awara Soula, bien des pirogues, ont terminé leur course, au fond du fleuve.
Le saut est constitué d’une grande barre rocheuse, qui traverse le fleuve sur pratiquement toute sa largeur. Cet obstacle naturel forme une retenue d’eau, seul un passage de quelques mètres permet à l’eau de débouler à une vitesse folle, dans des tourbillons impressionnants. Lorsque l’on approche du saut, le bruit du moteur est pratiquement couvert par celui de l’eau
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Séva Antoine
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qui déboule. En remontant, moteur à fond, on passe à quelques centimètres des rochers dans des gerbes d’eau impressionnantes.
Le passage est truffé de rochers tranchants comme des lames, qui affleurent ou sont juste sous la surface. C’est l’un des sauts les plus beaux mais aussi des plus dangereux que j’ai jamais vu sur le Maroni.
Sur les parties rocheuses, de petites cascades se forment partout, des jacusi naturels, les herbes à koumarou (Mourera fluviatilis) sont en fleurs. C’est un site grandiose !
En aval de cette barre rocheuse se trouve une île où nous déposons nos affaires et laissons la pirogue à l’attache.
Là aussi, la pêche est fructueuse, en plus des espèces déjà pêchées plus en amont, nous capturons, Anostomus ternetzi, Bivibranchia bimaculata., Briconops, etc..
Les mesures physico-chimiques des eaux ne diffèrent pratiquement pas des mesures que l’on a effectuées plus en amont.
Ensuite nous repartons en pirogue vers une mare temporaire située non loin de là. Nous pénétrons dans la jungle sur plusieurs centaines de mètres pour arriver à une mare boueuse, où avec les éperviers nous capturons, Gymnotus spp. Atipa, Hoplias aimara.
Nous remontons vers le village après les changements d’eau.
Francine, la fille aînée, de J-Marie me montre les tortues terrestres, que son père a capturées en foret. Elles sont superbes.
Le menu de ce soir, riz, haricots noirs, couac bien sûr, des côtelettes grillées et du ragoût de maïpouri (Tapir).
A peine le repas terminé, à la lumière de ma lampe frontale et à l’abri de ma moustiquaire, je rédige d’abord mon journal de voyage, je vais ensuite me coucher, les autres dorment déjà lorsque je m’allonge dans mon hamac.
Cela fait quatre jours que nous sommes au village et le temps a passé très vite.
Ce matin est le dernier que nous passons à Twenké. Nous rassemblons nos affaires, les poissons sont conditionnés pour la descente, vers le carbet du frère de J-Marie.
Aujourd’hui nous allons à Sénéka, un bras mort du Maroni où nous avons déjà pêché à plusieurs reprises. Le but étant de capturer de gros pirayes et des poissons chats pour le repas du soir, accessoirement des Coydoras guyanensis et Corydoras geoffroy pour André, très abondants sur les plages de sable fin, il n’est pas rare d’apercevoir des bancs de plusieurs centaines de spécimens, des petits Geophagus sp. aff. surinamensis, veut emmener avec lui et des raies, elles promises à un destin culinaire, les ailes de raies sont succulentes !
Ces plages de graviers sont idéales pour tirer le grand filet, et au bout de quelques « passes » de nombreux Corydoras guyanensis sont déjà capturés avec des Chyphocharax helleri eux aussi très nombreux sur ces bancs.
Nous remontons le fleuve de nuit, c’est assez impressionnant de naviguer dans le noir absolu, notre pilote doit avoir des yeux de chat car il nous emmène directement à notre destination. Le carbet de son frère est un site très isolé !
Nous débarquons nos affaires et installons nos hamacs à la lueur de nos lampes frontales, je mets ma frontale sur lumière rouge pour éviter les myriades d’insectes, qui attirés par les lampes se précipitent sur nous.
J-Marie a pensé à nous, il a acheté des bières fraîches !
Le repas est vite prêt et vite avalé, les poissons sont délicieux ! Nous sommes à chaque fois surpris par la débrouillardise de nos hôtes, avec un rien, ils arrivent à nous concocter de délicieux et copieux repas.
Le passage est truffé de rochers tranchants comme des lames, qui affleurent ou sont juste sous la surface. C’est l’un des sauts les plus beaux mais aussi des plus dangereux que j’ai jamais vu sur le Maroni.
Sur les parties rocheuses, de petites cascades se forment partout, des jacusi naturels, les herbes à koumarou (Mourera fluviatilis) sont en fleurs. C’est un site grandiose !
En aval de cette barre rocheuse se trouve une île où nous déposons nos affaires et laissons la pirogue à l’attache.
Là aussi, la pêche est fructueuse, en plus des espèces déjà pêchées plus en amont, nous capturons, Anostomus ternetzi, Bivibranchia bimaculata., Briconops, etc..
Les mesures physico-chimiques des eaux ne diffèrent pratiquement pas des mesures que l’on a effectuées plus en amont.
Ensuite nous repartons en pirogue vers une mare temporaire située non loin de là. Nous pénétrons dans la jungle sur plusieurs centaines de mètres pour arriver à une mare boueuse, où avec les éperviers nous capturons, Gymnotus spp. Atipa, Hoplias aimara.
Nous remontons vers le village après les changements d’eau.
Francine, la fille aînée, de J-Marie me montre les tortues terrestres, que son père a capturées en foret. Elles sont superbes.
Le menu de ce soir, riz, haricots noirs, couac bien sûr, des côtelettes grillées et du ragoût de maïpouri (Tapir).
A peine le repas terminé, à la lumière de ma lampe frontale et à l’abri de ma moustiquaire, je rédige d’abord mon journal de voyage, je vais ensuite me coucher, les autres dorment déjà lorsque je m’allonge dans mon hamac.
Cela fait quatre jours que nous sommes au village et le temps a passé très vite.
Ce matin est le dernier que nous passons à Twenké. Nous rassemblons nos affaires, les poissons sont conditionnés pour la descente, vers le carbet du frère de J-Marie.
Aujourd’hui nous allons à Sénéka, un bras mort du Maroni où nous avons déjà pêché à plusieurs reprises. Le but étant de capturer de gros pirayes et des poissons chats pour le repas du soir, accessoirement des Coydoras guyanensis et Corydoras geoffroy pour André, très abondants sur les plages de sable fin, il n’est pas rare d’apercevoir des bancs de plusieurs centaines de spécimens, des petits Geophagus sp. aff. surinamensis, veut emmener avec lui et des raies, elles promises à un destin culinaire, les ailes de raies sont succulentes !
Ces plages de graviers sont idéales pour tirer le grand filet, et au bout de quelques « passes » de nombreux Corydoras guyanensis sont déjà capturés avec des Chyphocharax helleri eux aussi très nombreux sur ces bancs.
Nous remontons le fleuve de nuit, c’est assez impressionnant de naviguer dans le noir absolu, notre pilote doit avoir des yeux de chat car il nous emmène directement à notre destination. Le carbet de son frère est un site très isolé !
Nous débarquons nos affaires et installons nos hamacs à la lueur de nos lampes frontales, je mets ma frontale sur lumière rouge pour éviter les myriades d’insectes, qui attirés par les lampes se précipitent sur nous.
J-Marie a pensé à nous, il a acheté des bières fraîches !
Le repas est vite prêt et vite avalé, les poissons sont délicieux ! Nous sommes à chaque fois surpris par la débrouillardise de nos hôtes, avec un rien, ils arrivent à nous concocter de délicieux et copieux repas.
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Séva Antoine
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Une fois installé dans le hamac, je me laisse bercer par le chant de nombreux oiseaux et cigales remplacés plus tard dans la nuit, dans le lointain par le chant des singes hurleurs, ce son est très proche du bruit que fait le vent en traversant une vielle bâtisse !.
Nous passons une délicieuse soirée à nous raconter des anecdotes sur nos différents voyages.
On refait le monde, nous sommes tous de grands rêveurs !
La nuit sera calme !
Aujourd’hui nous allons pêcher sur le saut Télë Cumaru.
Le temps est couvert par instants mais le soleil reprend rapidement le dessus.
L’eau est assez claire, le PH 6,98, conductivité 18 µS, température de l’eau 29,9°C.
Anostomus anostomus, Crenicichla albopunctata, Crenicichla multispinosa, Leporinus granti,
Krobia itanyi, Guianacara owroewefi, Geophagus harreri, Geophagus sp. aff. Surinamensis,
Hypostomus hypostomus, Pseudancistrus barbatus, Hemiancistrus medians et bien d’autres.
Nous profitons de cette dernière journée sur le fleuve, pour préparer et trier les poisons que nous désirons ramener, derniers changement d’eau, emballage des poissons individuellement.
Une ultime soirée autour du feu, de succulents poissons grillés, une bonne compagnie, une nature magnifique, la vie est belle !
La nuit sera courte.
Le matin arrive trop vite, il faut faire nos paquets redescendre le fleuve jusqu’à Maripasoula, Pendant que les autres sont au débarcadère, je visite le dépôt d’art amérindien en compagnie de Sélin et J-Marie, j’en profite pour acheter quelques souvenirs.
Il nous faut faire ensuite nos adieux à nos hôtes, je les remercie de tout cœur pour leur chaleureux accueil et leur gentillesse.
Le temps de reprendre le taxi jusqu’à l’aérodrome et notre avion s’envole jusqu’à Cayenne !
Nous retournons à la civilisation, ou bien alors la vraie civilisation n’est-elle pas celle que je viens de quitter ! Je me pose souvent cette question et j’ai bien l’impression que les sauvages, c’est nous !
Entre l’orpaillage, les maladies, l’alcool, la drogue et le reste, les populations amérindiennes de Guyane et de tout le continent, sont en grand danger par la faute des blanc. Il y a bien sûr les zones cœur pour protéger la faune et la flore, les zones habitées par les amérindiens.
Depuis mes premiers voyages en Guyane, qui datent maintenant de plus d’une douzaine d’années, j’ai pu noter de grands changements au niveau de la flore, de la faune et surtout dans les populations piscicoles.
Nos observations sur le terrain ne laissent aucun doute quand à la raréfaction de ces populations, là où il y a quelques années on pouvait observer un nombre important d’adultes et de jeunes spécimens de différentes espèces, il ne reste que quelques sujets isolés !
L’orpaillage est une catastrophe pour ces populations, le mercure déjà très présent dans le sol de Guyane est mis en suspension dans l’eau par les pompes des orpailleurs, qui rejettent le tout sur des rampes qui retiennent les particules d’or, la boue chargée de mercure, retourne dans le fleuve.
Toute la chaîne alimentaire est contaminée, les végétaux, les petits crustacés et tous les micro-organismes qui n’ont pas disparus, recouvert par ces boues contaminées, sont mangés par les poissons, qui sont à leur tour consommés par les populations qui n’ont pas d’autres sources de nourritures.
En plus, pour amalgamer l’or on utilise du mercure, que l’on chauffe jusqu ‘à évaporation. Les gaz très toxiques sont rejetés dans l’atmosphère.
Nous passons une délicieuse soirée à nous raconter des anecdotes sur nos différents voyages.
On refait le monde, nous sommes tous de grands rêveurs !
La nuit sera calme !
Aujourd’hui nous allons pêcher sur le saut Télë Cumaru.
Le temps est couvert par instants mais le soleil reprend rapidement le dessus.
L’eau est assez claire, le PH 6,98, conductivité 18 µS, température de l’eau 29,9°C.
Anostomus anostomus, Crenicichla albopunctata, Crenicichla multispinosa, Leporinus granti,
Krobia itanyi, Guianacara owroewefi, Geophagus harreri, Geophagus sp. aff. Surinamensis,
Hypostomus hypostomus, Pseudancistrus barbatus, Hemiancistrus medians et bien d’autres.
Nous profitons de cette dernière journée sur le fleuve, pour préparer et trier les poisons que nous désirons ramener, derniers changement d’eau, emballage des poissons individuellement.
Une ultime soirée autour du feu, de succulents poissons grillés, une bonne compagnie, une nature magnifique, la vie est belle !
La nuit sera courte.
Le matin arrive trop vite, il faut faire nos paquets redescendre le fleuve jusqu’à Maripasoula, Pendant que les autres sont au débarcadère, je visite le dépôt d’art amérindien en compagnie de Sélin et J-Marie, j’en profite pour acheter quelques souvenirs.
Il nous faut faire ensuite nos adieux à nos hôtes, je les remercie de tout cœur pour leur chaleureux accueil et leur gentillesse.
Le temps de reprendre le taxi jusqu’à l’aérodrome et notre avion s’envole jusqu’à Cayenne !
Nous retournons à la civilisation, ou bien alors la vraie civilisation n’est-elle pas celle que je viens de quitter ! Je me pose souvent cette question et j’ai bien l’impression que les sauvages, c’est nous !
Entre l’orpaillage, les maladies, l’alcool, la drogue et le reste, les populations amérindiennes de Guyane et de tout le continent, sont en grand danger par la faute des blanc. Il y a bien sûr les zones cœur pour protéger la faune et la flore, les zones habitées par les amérindiens.
Depuis mes premiers voyages en Guyane, qui datent maintenant de plus d’une douzaine d’années, j’ai pu noter de grands changements au niveau de la flore, de la faune et surtout dans les populations piscicoles.
Nos observations sur le terrain ne laissent aucun doute quand à la raréfaction de ces populations, là où il y a quelques années on pouvait observer un nombre important d’adultes et de jeunes spécimens de différentes espèces, il ne reste que quelques sujets isolés !
L’orpaillage est une catastrophe pour ces populations, le mercure déjà très présent dans le sol de Guyane est mis en suspension dans l’eau par les pompes des orpailleurs, qui rejettent le tout sur des rampes qui retiennent les particules d’or, la boue chargée de mercure, retourne dans le fleuve.
Toute la chaîne alimentaire est contaminée, les végétaux, les petits crustacés et tous les micro-organismes qui n’ont pas disparus, recouvert par ces boues contaminées, sont mangés par les poissons, qui sont à leur tour consommés par les populations qui n’ont pas d’autres sources de nourritures.
En plus, pour amalgamer l’or on utilise du mercure, que l’on chauffe jusqu ‘à évaporation. Les gaz très toxiques sont rejetés dans l’atmosphère.
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Séva Antoine
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- Enregistré le : 29 août 2021 09:32
Le taux de contamination par le mercure des populations amérindiennes, vont bien au-delà des taux planchers, fixé par l’OMS.
Les conséquences de ces empoisonnements sont terribles, un taux de malformations des nouveaux-nés bien supérieurs aux normes, des maladies et des handicaps consécutifs à ces empoisonnements récurrents, un bien triste bilan !
Je ne parle même pas du problème de la disparition programmée des espèces présentes dans le fleuve. Des accidents de pirogue de plus en plus fréquents, dus à la turbidité de l’eau, provoquée par les rejets des différents placers.
Je ne parle pas non plus de la disparition des animaux dans la forêt, due à une chasse intensive de la part des chercheurs d’or, il faut bien qu’ils mangent ! Tout cela au détriment des autochtones, qui eux chassent depuis des siècles.
Avant la ruée vers l’or, ils arrivaient à gérer les populations présentes, ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Je voudrais rendre hommage à quelqu’un qui s’est toujours battu pour cette noble cause qu’est la défense de ces populations, c’est André Cognat. Contre vent et marée et cela depuis un demi-siècle, il s’est battu pour protéger les amérindiens contre la cupidité des blancs.
Un autre défenseur de la cause, Aloiké Pleke, que nous avions rencontré il y a quelques années sur le fleuve, est mort de n’avoir pas su convaincre les autorités locales et nationales de protéger ces populations, elles ont là encore failli à leur devoir de protéger ces populations en danger!
Bien sûr, quelques gendarmes sont stationnés sur le haut Maroni mais leur pouvoir d’action est très limité.
Avec la crise, l’or est devenu une valeur refuge pour les spéculateurs, son prix ne cesse de grimper et la situation en Guyane ne risque pas de s’améliorer.
Je n’ai pas de solution miracle à proposer mais à situation exceptionnelle …
Je sais bien que cela n’intéresse pas grand monde mais je tenais quand même, à le souligner
J’ai une profonde admiration et un grand respect pour ce peuple.
Mes voyages depuis quelques années, ont surtout pour but principal de les retrouver et de passer quelques jours en leur compagnie. Je m’y sens un peu comme chez moi. Aux différentes équipes qui m’ont accompagné, j’ai toujours demandé d’être discrets et de déranger le moins possible la vie du village, pas de photos des gens à part la famille à J-Marie qui nous accueillent maintenant depuis des années et toujours avec l’autorisation de le faire.
Les poissons, c’est vraiment devenu accessoire, sauf pour manger bien sûr !
La suite de notre périple va nous mener à St Laurent du Maroni où nous traverserons le Fleuve vers le Suriname et ensuite nous repartirons vers Oiapoque au Brésil.
Mais cela est une autre histoire !
Je remercie de tout cœur, Jean-Marie Elahe et toute sa famille, André Chaillan et Ederson Soares pour leur accueil et leur grande gentillesse.
Ils ont été aux petits soins avec nous pendant ces trois semaines ou j’ai un peu bouleversé leur quotidien.
Un grand merci et à très bientôt,
Les conséquences de ces empoisonnements sont terribles, un taux de malformations des nouveaux-nés bien supérieurs aux normes, des maladies et des handicaps consécutifs à ces empoisonnements récurrents, un bien triste bilan !
Je ne parle même pas du problème de la disparition programmée des espèces présentes dans le fleuve. Des accidents de pirogue de plus en plus fréquents, dus à la turbidité de l’eau, provoquée par les rejets des différents placers.
Je ne parle pas non plus de la disparition des animaux dans la forêt, due à une chasse intensive de la part des chercheurs d’or, il faut bien qu’ils mangent ! Tout cela au détriment des autochtones, qui eux chassent depuis des siècles.
Avant la ruée vers l’or, ils arrivaient à gérer les populations présentes, ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Je voudrais rendre hommage à quelqu’un qui s’est toujours battu pour cette noble cause qu’est la défense de ces populations, c’est André Cognat. Contre vent et marée et cela depuis un demi-siècle, il s’est battu pour protéger les amérindiens contre la cupidité des blancs.
Un autre défenseur de la cause, Aloiké Pleke, que nous avions rencontré il y a quelques années sur le fleuve, est mort de n’avoir pas su convaincre les autorités locales et nationales de protéger ces populations, elles ont là encore failli à leur devoir de protéger ces populations en danger!
Bien sûr, quelques gendarmes sont stationnés sur le haut Maroni mais leur pouvoir d’action est très limité.
Avec la crise, l’or est devenu une valeur refuge pour les spéculateurs, son prix ne cesse de grimper et la situation en Guyane ne risque pas de s’améliorer.
Je n’ai pas de solution miracle à proposer mais à situation exceptionnelle …
Je sais bien que cela n’intéresse pas grand monde mais je tenais quand même, à le souligner
J’ai une profonde admiration et un grand respect pour ce peuple.
Mes voyages depuis quelques années, ont surtout pour but principal de les retrouver et de passer quelques jours en leur compagnie. Je m’y sens un peu comme chez moi. Aux différentes équipes qui m’ont accompagné, j’ai toujours demandé d’être discrets et de déranger le moins possible la vie du village, pas de photos des gens à part la famille à J-Marie qui nous accueillent maintenant depuis des années et toujours avec l’autorisation de le faire.
Les poissons, c’est vraiment devenu accessoire, sauf pour manger bien sûr !
La suite de notre périple va nous mener à St Laurent du Maroni où nous traverserons le Fleuve vers le Suriname et ensuite nous repartirons vers Oiapoque au Brésil.
Mais cela est une autre histoire !
Je remercie de tout cœur, Jean-Marie Elahe et toute sa famille, André Chaillan et Ederson Soares pour leur accueil et leur grande gentillesse.
Ils ont été aux petits soins avec nous pendant ces trois semaines ou j’ai un peu bouleversé leur quotidien.
Un grand merci et à très bientôt,
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Séva Antoine
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En Guyane, c'était en 2002, à Antécume Pata avec toi. Avant c'était au milieu des années 90 au Brésil et Bolivie.
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gbarnga
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Bientôt 20 ans………Séva Antoine a écrit : ↑23 oct. 2021 12:55 En Guyane, c'était en 2002, à Antécume Pata avec toi. Avant c'était au milieu des années 90 au Brésil et Bolivie.
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Merci Antoine, ça laisse rêveur ces voyages!
Et merci de relater ce qui se passe réellement dans ces contrées lointaines. C'est sûr que à notre niveau nous ne pouvons pas faire grand chose mais en parler c'est déjà mettre au courant les européens que nous sommes...
Et merci de relater ce qui se passe réellement dans ces contrées lointaines. C'est sûr que à notre niveau nous ne pouvons pas faire grand chose mais en parler c'est déjà mettre au courant les européens que nous sommes...
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Je ne me suis absenté que quelques jours et Ô stupeur une 10 aines de pages de plus sur ce post! Ce matin de bonne heure j'ai réussi à rattraper le retard, j'étais heureux et rassasié d'aventure...
Par acquis de conscience, je reviens après mon café de midi et des tonnes de nouvelles choses à lire!!!!
Merci tonton Antoine!!!!!
(je me les garde pour ce soir)
Par acquis de conscience, je reviens après mon café de midi et des tonnes de nouvelles choses à lire!!!!
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