Guyane Française, Antécume Pata et le haut Maroni
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Séva Antoine
- Messages : 497
- Enregistré le : 29 août 2021 09:32
Notre équipe, décolle de Cayenne, en direction de Maripasoula, une petite bourgade située sur les berges du Maroni. La durée du vol n'est que de 55 mn, cela nous semble très long car nous sommes bien secoués. Nous survolons l'immense forêt de Guyane, qui semble encore relativement bien protégée.
Lors de l'atérissage, le contact avec la piste est brutal, nous avons violemment touché la piste et notre ATR part en crabe au freinage, les pilotes vont contrôler le train d'atterrissage.
Il nous faut près d'une heure pour récupérer nos bagages sous une chaleur accablante, nous sommes bien en Amérique du Sud.
De l'aérodrome, nous partons vers les rives du Maroni en taxi "co", nous passons à la gendarmerie pour récupérer nos autorisations de pénétrer en pays Wayana.
Nous voici arrivés chez Richard, un ethnologue aventurier qui s'est installé là, il y a quelques années. Après avoir travaillé un peu partout dans le monde, il a décidé de poser ses bagages à cet endroit, quand on voit le décor, on comprend pourquoi.
Il loue des carbets et des petits bungalows. Le carbet, (toit, en palmes ou en tôle posé sur des poteaux où l'on accroche les hamacs) est situé sur les rives du fleuve, on y trouve tout le confort possible, douches, toilettes, un autre carbet est installé en "salle à manger" avec électricité, eau courante, frigo et même un petit bar, le luxe quoi !
Nous y installons nos hamacs pour la nuit.
Le soir nous partons vers un Hôtel restaurant "chez Dédée" pour y dîner. La faune de cette institution est très colorée. Chercheurs d'or, aventuriers de tous poils, dames de petite vertu etc..Dédée propose même des chambres «garnies» à ses clients.
Il faut s'y rendre à pied en prenant une piste défoncée, les lampes frontales sont obligatoires à cause des trous et surtout avec une lumière rouge pour ne pas attirer les insectes volants qui pullulent. Il ne faut pas oublier non plus, les bâtons pour éloigner les chiens errants car ceux-ci ont vite fait de vous mordre les mollets.
L'ambiance du "restaurant" me rappelle beaucoup le Brésil, au menu, Biche, ou Maipouri (Tapir) riz, haricots, le tout, arrosé de bière fraîche.
Nous passons une agréable soirée à parler pêche, aventures et bien sur aquariophilie.
De retour au carbet, pour certains, l'aventure commence, c'est leur première nuit dans un hamac. La nuit sera peuplée de bruits divers, ronflements, vents et jurons lors de chutes de hamac.
Lever à 6h00, douche et petit déjeuner, le temps de remballer nos affaires et de les transporter jusqu'au débarcadère, nous voilà prêts à partir, il est 9h30. L'attente débute, pas de pirogue en vue. Les Wayanas n'arriveront que vers midi, ils vont d'abord se "restaurer", nous en profitons aussi pour manger du bami chez un marchand ambulant. La chaleur est écrasante, il doit faire 35°C comparée à la relative fraîcheur de la nuit, en moyenne 25/26°C.
Enfin nous partons, il est 13h30, direction Antécume Pata. Le niveau de la rivière est au plus bas et nos pilotes, nous ont prévenus que ce serait assez difficile.
Les sauts sont impressionnants, les roches affleurent à la surface et il faut manœuvrer la pirogue avec prudence entre des blocs énormes. Nos guides nous étonnent par leur maîtrise et leur connaissance de la rivière.
Le décor qui nous entoure est grandiose, la remontée est un grand moment que tous, savourent avec délectation.
Nous arrivons à Antécume après 2h30 de plaisir et de frissons lors de passages délicats. Au débarcadère, nous déposons nos bagages.
Yves Fermon, est un scientifique qui travaillait pour le muséum d'histoire naturelle de Paris, il nous accueille à l'entrée d'Antécume.
Notre travail sur place, consistera à faire des pêches, pour le compte de la mission "Kumaru", qui en est à sa cinquième mission de prélèvements, dans la région. Il faudra aussi identifier les spécimens capturés, les mesurer, peser, compter etc.. La pose et la relève des filets se fera à heures régulière, de jour et de nuit. Les prélèvement de muscles et de gonades seront effectués par Yves et Rémi. Les pêches se feront à l'aide de grands filets maillants, des sennes, des épuisettes de toutes tailles etc.. Nous en profiterons bien sûr, pour faire nos propres prélèvements. Notre équipe sera divisée en deux, une partie partira en amont et une autre restera aux alentours du village et pourra participer à une nivrée, le pêche traditionnelle à l'aide d'une liane.
Antécume Pata, est un village qui a été crée par André Cognat dans les années soixante dix. Originaire de Lyon, il a d'abord voyagé seul en pirogue dans tout le Brésil et après maintes aventures, il s'est installé sur les rives du Maroni après y avoir fait naufrage et avoir été recueilli par les Wayanas.
Il a créé un premier village mais, la civilisation, avec tous ses mauvais côtés, étant de plus en plus proche, il a décidé de plier bagages et de remonter plus loin sur la rivière et vivre près de la nature.
Malheureusement, actuellement, avec les moteurs surpuissants, les pirogues se rendent en moins de trois heures de Maripasoula, à Antécume Pata
Nous installons nos affaires dans le carbet de passage, et accrochons nos hamacs. Il nous reste encore un peu plus d'une heure avant la tombée du jour et nous en profitons pour aller nous mettre à l'eau pour y observer les poissons.
De magnifiques Crenicichla multispinosa promènent leur progéniture entre les blocs rocheux, le courant est relativement violent, un peu plus loin, on peut observer des Geophagus harreri juvéniles, en petits groupes de trois ou quatre maximum, Geophagus surinamensis et Guianacara owroewefi.
Collés aux rochers malgré la violence du courant, se trouvent des Loricarridae, (Hemiancistrus medians, Pseudancistrus barbatus, Metaloricaria, etc..), appelés poissons roches par les autochtones et dans les remous des multitudes de Characidae viennent jusque devant les masques. Ils viennent même nous tirer les poils des jambes et des bras.
Après le repas la discussion ne dure pas très longtemps. Nous allons, pour notre part tirer le grand filet au débarcadère, les plus malins vont se coucher rapidement et essayer de s'endormir pour ne pas subir les ronflements de la troupe de cochons bois. (Pécari). C'est le chamane du village, Panapassi, qui nous as baptisés de ce nom, car une nuit où le village dormait paisiblement, il a été réveillé par des grognements, il a tout de suite pensé à une troupe de cochons bois qui traversait le village, il a saisi son fusil pour tirer un cochon et au bout du compte, il a réalisé que les bruits provenaient de notre carbet de passage. Il nous a raconté cela le matin en venant prendre son café comme tous les matin. Cela a fait beaucoup rire, tous les habitants du village.
Les résultats de notre pêche ne sont pas décevants car nous capturons deux Crenicichla albopunctata, un petit Cichla, divers Loricariidae, quelques petits Characidés et un Candirù.
Les poissons, une fois conditionnés, nous allons nous coucher.
Lever à 6H00, les ablutions sont faites à la rivière, ensuite un petit café avec une banane séchée et nous voilà prêts.
Deux d'entre nous, vont accompagner Rémi, remonter le Marouini, la Litani et l'Oelemari en pirogue, pour une mission de prélèvements mais aussi pour fournir du poisson aux villageois. Ils vont nous quitter pour quatre jours. Ils seront guidés par Kuya le motoriste, Ian le takariste ainsi que par Iacouman, son fils âgé dune douzaine d'années.
Philippe et Armand sont les gagnants du jour, ils préparent leurs affaires et tous, ensemble nous nous rendons au débarcadère.
L'attente nous semble une éternité et enfin la pirogue arrive, il faut la charger, l'heure du départ arrive, j'ai le cœur gros car j'ai cédé ma place à Philippe, je les regarde partir avec envie.
Lors de l'atérissage, le contact avec la piste est brutal, nous avons violemment touché la piste et notre ATR part en crabe au freinage, les pilotes vont contrôler le train d'atterrissage.
Il nous faut près d'une heure pour récupérer nos bagages sous une chaleur accablante, nous sommes bien en Amérique du Sud.
De l'aérodrome, nous partons vers les rives du Maroni en taxi "co", nous passons à la gendarmerie pour récupérer nos autorisations de pénétrer en pays Wayana.
Nous voici arrivés chez Richard, un ethnologue aventurier qui s'est installé là, il y a quelques années. Après avoir travaillé un peu partout dans le monde, il a décidé de poser ses bagages à cet endroit, quand on voit le décor, on comprend pourquoi.
Il loue des carbets et des petits bungalows. Le carbet, (toit, en palmes ou en tôle posé sur des poteaux où l'on accroche les hamacs) est situé sur les rives du fleuve, on y trouve tout le confort possible, douches, toilettes, un autre carbet est installé en "salle à manger" avec électricité, eau courante, frigo et même un petit bar, le luxe quoi !
Nous y installons nos hamacs pour la nuit.
Le soir nous partons vers un Hôtel restaurant "chez Dédée" pour y dîner. La faune de cette institution est très colorée. Chercheurs d'or, aventuriers de tous poils, dames de petite vertu etc..Dédée propose même des chambres «garnies» à ses clients.
Il faut s'y rendre à pied en prenant une piste défoncée, les lampes frontales sont obligatoires à cause des trous et surtout avec une lumière rouge pour ne pas attirer les insectes volants qui pullulent. Il ne faut pas oublier non plus, les bâtons pour éloigner les chiens errants car ceux-ci ont vite fait de vous mordre les mollets.
L'ambiance du "restaurant" me rappelle beaucoup le Brésil, au menu, Biche, ou Maipouri (Tapir) riz, haricots, le tout, arrosé de bière fraîche.
Nous passons une agréable soirée à parler pêche, aventures et bien sur aquariophilie.
De retour au carbet, pour certains, l'aventure commence, c'est leur première nuit dans un hamac. La nuit sera peuplée de bruits divers, ronflements, vents et jurons lors de chutes de hamac.
Lever à 6h00, douche et petit déjeuner, le temps de remballer nos affaires et de les transporter jusqu'au débarcadère, nous voilà prêts à partir, il est 9h30. L'attente débute, pas de pirogue en vue. Les Wayanas n'arriveront que vers midi, ils vont d'abord se "restaurer", nous en profitons aussi pour manger du bami chez un marchand ambulant. La chaleur est écrasante, il doit faire 35°C comparée à la relative fraîcheur de la nuit, en moyenne 25/26°C.
Enfin nous partons, il est 13h30, direction Antécume Pata. Le niveau de la rivière est au plus bas et nos pilotes, nous ont prévenus que ce serait assez difficile.
Les sauts sont impressionnants, les roches affleurent à la surface et il faut manœuvrer la pirogue avec prudence entre des blocs énormes. Nos guides nous étonnent par leur maîtrise et leur connaissance de la rivière.
Le décor qui nous entoure est grandiose, la remontée est un grand moment que tous, savourent avec délectation.
Nous arrivons à Antécume après 2h30 de plaisir et de frissons lors de passages délicats. Au débarcadère, nous déposons nos bagages.
Yves Fermon, est un scientifique qui travaillait pour le muséum d'histoire naturelle de Paris, il nous accueille à l'entrée d'Antécume.
Notre travail sur place, consistera à faire des pêches, pour le compte de la mission "Kumaru", qui en est à sa cinquième mission de prélèvements, dans la région. Il faudra aussi identifier les spécimens capturés, les mesurer, peser, compter etc.. La pose et la relève des filets se fera à heures régulière, de jour et de nuit. Les prélèvement de muscles et de gonades seront effectués par Yves et Rémi. Les pêches se feront à l'aide de grands filets maillants, des sennes, des épuisettes de toutes tailles etc.. Nous en profiterons bien sûr, pour faire nos propres prélèvements. Notre équipe sera divisée en deux, une partie partira en amont et une autre restera aux alentours du village et pourra participer à une nivrée, le pêche traditionnelle à l'aide d'une liane.
Antécume Pata, est un village qui a été crée par André Cognat dans les années soixante dix. Originaire de Lyon, il a d'abord voyagé seul en pirogue dans tout le Brésil et après maintes aventures, il s'est installé sur les rives du Maroni après y avoir fait naufrage et avoir été recueilli par les Wayanas.
Il a créé un premier village mais, la civilisation, avec tous ses mauvais côtés, étant de plus en plus proche, il a décidé de plier bagages et de remonter plus loin sur la rivière et vivre près de la nature.
Malheureusement, actuellement, avec les moteurs surpuissants, les pirogues se rendent en moins de trois heures de Maripasoula, à Antécume Pata
Nous installons nos affaires dans le carbet de passage, et accrochons nos hamacs. Il nous reste encore un peu plus d'une heure avant la tombée du jour et nous en profitons pour aller nous mettre à l'eau pour y observer les poissons.
De magnifiques Crenicichla multispinosa promènent leur progéniture entre les blocs rocheux, le courant est relativement violent, un peu plus loin, on peut observer des Geophagus harreri juvéniles, en petits groupes de trois ou quatre maximum, Geophagus surinamensis et Guianacara owroewefi.
Collés aux rochers malgré la violence du courant, se trouvent des Loricarridae, (Hemiancistrus medians, Pseudancistrus barbatus, Metaloricaria, etc..), appelés poissons roches par les autochtones et dans les remous des multitudes de Characidae viennent jusque devant les masques. Ils viennent même nous tirer les poils des jambes et des bras.
Après le repas la discussion ne dure pas très longtemps. Nous allons, pour notre part tirer le grand filet au débarcadère, les plus malins vont se coucher rapidement et essayer de s'endormir pour ne pas subir les ronflements de la troupe de cochons bois. (Pécari). C'est le chamane du village, Panapassi, qui nous as baptisés de ce nom, car une nuit où le village dormait paisiblement, il a été réveillé par des grognements, il a tout de suite pensé à une troupe de cochons bois qui traversait le village, il a saisi son fusil pour tirer un cochon et au bout du compte, il a réalisé que les bruits provenaient de notre carbet de passage. Il nous a raconté cela le matin en venant prendre son café comme tous les matin. Cela a fait beaucoup rire, tous les habitants du village.
Les résultats de notre pêche ne sont pas décevants car nous capturons deux Crenicichla albopunctata, un petit Cichla, divers Loricariidae, quelques petits Characidés et un Candirù.
Les poissons, une fois conditionnés, nous allons nous coucher.
Lever à 6H00, les ablutions sont faites à la rivière, ensuite un petit café avec une banane séchée et nous voilà prêts.
Deux d'entre nous, vont accompagner Rémi, remonter le Marouini, la Litani et l'Oelemari en pirogue, pour une mission de prélèvements mais aussi pour fournir du poisson aux villageois. Ils vont nous quitter pour quatre jours. Ils seront guidés par Kuya le motoriste, Ian le takariste ainsi que par Iacouman, son fils âgé dune douzaine d'années.
Philippe et Armand sont les gagnants du jour, ils préparent leurs affaires et tous, ensemble nous nous rendons au débarcadère.
L'attente nous semble une éternité et enfin la pirogue arrive, il faut la charger, l'heure du départ arrive, j'ai le cœur gros car j'ai cédé ma place à Philippe, je les regarde partir avec envie.
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Séva Antoine
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- Enregistré le : 29 août 2021 09:32
Départ vers Antécume Pata
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Séva Antoine
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- Enregistré le : 29 août 2021 09:32
Antécume Pata
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Séva Antoine
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Ce sont les photos de tous les membres du groupe, toutes les personnes qui voyagent avec moi partagent leurs photos, films, avec les autres membres.
Malheureusement certaines ont mal vieilli, surtout les diapositives.
Malheureusement certaines ont mal vieilli, surtout les diapositives.
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Séva Antoine
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carte de la région
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Séva Antoine
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Antécume Pata, à noter que le nom des villages Wayanas, sont donnés en l'honneur des chefs fondateurs de ces villages, ainsi Antécume pata est nommé en l'honneur d'Antécum, qui est le nom Wayana d' André Cognat. scènes de vie au village.[attachment=0]
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Séva Antoine
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Scènes de vie
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